Définition
Une théorie de la communication qui considère que le raisonnement humain et le jugement persuasif sont essentiellement structurés par des récits : les individus évaluent les messages selon la cohérence interne de l’histoire et sa fidélité à des valeurs ou expériences, plutôt que uniquement par une preuve logique formelle ou des propositions isolées.

Principe

Principe
L’acceptation et la persuasion communicatives dépendent davantage de la cohérence et de la fidélité narratives perçues que de la validité déductive dans les contextes de compréhension publique ordinaire.

Démonstration

Démonstration
Situation : Une campagne de santé publique présente la même information sous forme (A) de graphiques statistiques et (B) du récit de la guérison d’un patient. Reconnaissance : Le public trouve le récit plus accessible et émotionnellement saillant. Action : Plus de personnes adoptent le comportement recommandé après avoir entendu le récit que suite aux graphiques. Conséquence : L’adoption des mesures et la transmission interpersonnelle augmentent grâce au cadrage narratif, même si les deux présentations contiennent les mêmes faits.

Mauvaise application

Mauvaise application
Conclure qu’un récit persuasif est par là même vrai sur le plan épistémique. L’erreur consiste à confondre la plausibilité rhétorique (cohérence et fidélité) avec la vérification empirique ; l’acceptation narrative est preuve de persuasion, non de vérité.

Conséquence

Conséquence
Les messages présentés comme des histoires cohérentes et compatibles avec des valeurs sont plus susceptibles d’être acceptés, retenus et propagés ; cela modifie l’attention, la formation des croyances et les priorités collectives en amplifiant certaines explications au détriment d’autres via des incitations narratives.

Inversion

Inversion
Dans les domaines exigeant une preuve formelle, la reproductibilité ou une validation statistique (p. ex. inférence scientifique contrôlée, certification technique), la cohérence narrative n’est ni suffisante ni appropriée comme critère principal d’acceptation.

Limite

Limite
Clairement inclus : articles d’opinion, reportages, témoignages publics et campagnes structurant l’information en récits. Cas frontière : notes de politique combinant vignettes et résumés empiriques : la narration aide l’interprétation mais doit être confrontée aux données. Claire­ment exclu : démonstrations mathématiques, vérifications algorithmiques ou spécifications techniques reposant sur la logique formelle et la mesure plutôt que sur le récit.

Tension sémantique

Tension sémantique
Vérification empirique ↔ Persuasion significative : nécessité de distinguer la vérité validée par des preuves de l’acceptabilité produite par la cohérence narrative.

Synthèse

Synthèse
Le paradigme narratif explique pourquoi le récit est un mode privilégié de persuasion et de construction de sens : les récits définissent ce qui paraît plausible et agissable, mais cette plausibilité relève de la rhétorique et non de l’épistémologie automatique.